Commissaire, auteur des 53 textes
Éric Baudelaire - Philippe Bazin - Yto Barrada - Valérie Belin - Bernd & Hilla Becher - Sophie Calle - Stéphane Couturier - Raphaël Dallaporta - Thomas Demand - Philip-Lorca diCorcia - Rineke Dijkstra - Gregory Crewdson - Véronique Ellena - Pierre Gonnord - Paul Graham - David Goldblatt - Geert Goiris - Philippe Gronon - Andreas Gursky - Camille Henrot - Yuri Kozyrev - Abigail Lane - Nan Goldin - Jean-Luc Mylayne - NASA - Éric Poitevin - Patrick Tosani - Sophie Ristelhueber - Jeanloup Sieff - Zineb Sedira - Cindy Sherman - Vivian Sassen - Andres Serrano - Allan Sekula - Vincent J. Stoker - Thomas Ruff - Hiroshi Sugimoto - Wolfgang Tillmans - Hocine Zaourar - Jeff Wall - Xavier Zimmermann
Ce que nous pourrions appeler geste photographique n’est pas le geste qui déclenche la prise de vue. Ce n’est pas le geste
de la main, du pouce ou de l’index qui active le mécanisme. C’est un geste invisible, une tension produite par l’œil du photographe. Plus précisément, le geste photographique est sous-tendu par un devenir-photographique de l’œil. Ce geste a pris naissance conjointement avec l’invention de la photographie et, pour reprendre les propos de Walter Benjamin, « la nature qui parle à l’appareil est autre que celle qui parle à l’œil ; autre d’abord en ce que, à la place d’un espace consciemment disposé par l’homme, apparaît un espace tramé d’inconscient. […] Cet inconscient optique, nous ne le découvrons qu’à travers [la photographie]. » Il y a un devenir photographique de l’œil, comme il y a un devenir-cinéma de l’œil. Dans son manifeste Ciné-Œil, publié en 1923, Dziga Vertov écrit : « Je suis un œil. Un œil mécanique ». Par ces mots, il n’octroie pas à la caméra une toute-puissance mais affirme la fusion totale de l’œil du cameraman et de l’appareil en une seule entité. Il y a un devenir-caméra de l’œil du cameraman, et l’on note ce devenir dans la syntaxe du manifeste : « Moi, c’est-à-dire la machine, je suis la machine qui vous montre le monde comme elle seule peut le voir. » Ce devenir-cinématographique de l’œil que Dziga Vertov appelle le « ciné-œil » est une symbiose parfaite qu’il matérialise en 1929 dans L’Homme à la caméra par le célèbre photogramme de la surimposition d’un œil et d’un objectif.
de la main, du pouce ou de l’index qui active le mécanisme. C’est un geste invisible, une tension produite par l’œil du photographe. Plus précisément, le geste photographique est sous-tendu par un devenir-photographique de l’œil. Ce geste a pris naissance conjointement avec l’invention de la photographie et, pour reprendre les propos de Walter Benjamin, « la nature qui parle à l’appareil est autre que celle qui parle à l’œil ; autre d’abord en ce que, à la place d’un espace consciemment disposé par l’homme, apparaît un espace tramé d’inconscient. […] Cet inconscient optique, nous ne le découvrons qu’à travers [la photographie]. » Il y a un devenir photographique de l’œil, comme il y a un devenir-cinéma de l’œil. Dans son manifeste Ciné-Œil, publié en 1923, Dziga Vertov écrit : « Je suis un œil. Un œil mécanique ». Par ces mots, il n’octroie pas à la caméra une toute-puissance mais affirme la fusion totale de l’œil du cameraman et de l’appareil en une seule entité. Il y a un devenir-caméra de l’œil du cameraman, et l’on note ce devenir dans la syntaxe du manifeste : « Moi, c’est-à-dire la machine, je suis la machine qui vous montre le monde comme elle seule peut le voir. » Ce devenir-cinématographique de l’œil que Dziga Vertov appelle le « ciné-œil » est une symbiose parfaite qu’il matérialise en 1929 dans L’Homme à la caméra par le célèbre photogramme de la surimposition d’un œil et d’un objectif.
Extrait de "L'Oeil Photographique", dans L'Oeil Photographique, Jean-Charles Vergne, Aurélie Filippetti,
Richard Lagrange, FRAC Auvergne, 2013.
Richard Lagrange, FRAC Auvergne, 2013.
Crédits photographiques : Ludovic Combe
Wolfgang Tillmans
Abigail Lane - Cindy Sherman - Jeff Wall
Jeff Wall - Philip-Lorca diCorcia
Philip-Lorca diCorcia - Gregory Crewdson - Abigail Lane
Abigail Lane - Jeanloup Sieff - Cindy Sherman
Éric Poitevin - Thomas Ruff
Raphaël Dallaporta - Bernd & Hilla Becher - Thomas Demand
Thomas Demand - Andreas Gursky - Cindy Sherman
Zineb Sedira - Thomas Ruff - Geert Goiris
Nan Goldin - Andres Serrano
Philippe Bazin - Rineke Dijkstra
Pierre Gonnord - Rineke Dijkstra
Hiroshi Sugimoto - Thomas Ruff
Thomas Ruff - Sophie Calle
Paul Graham - David Goldblatt
Hocine Zaourar - Yuri Kozyrev
Éric Baudelaire
Patrick Tosani - Allan Sekula